Mon CL
  • Connectez-vous
Outils
  • Connectez-vous
Gestion
  • Connectez-vous
Commentaires
Sasory 30/12/2011 23:36:06
Aller, gogogo pour cette nuit :hap:
Jack 30/12/2011 23:38:16
De l'allemand à cette heure, c'est un coup à ne pas arriver à trouver le sommeil après :hap:
Fuz 30/12/2011 23:39:24
Il faut mieux lancer une chinoiserie pour t’assommer. :hap:
Sasory 30/12/2011 23:43:04
Je ne compte pas dormir, juste mater mon 22e Fassbinder, et dépasser Reso en nombre de film allemand noté :hap:
Sasory 31/12/2011 02:10:51
Encore un excellent Fassbinder :coeur:
DayTripper 27/07/2014 01:09:40
Génial
Kino 04/03/2015 10:12:07
Décidément, entre les Larmes amères de Petra von Kant, et Martha, la faiblesse va bien à la géniale Margit Carstensen, ses yeux clairs et son corps grand et malingre. Le cinéma de Fassbinder est à la fois déterministe et fataliste, Martha étant l'une de ces oeuvres les plus impitoyables. Chez Fassbinder, la société est responsable, ici c'est une configuration patriarcale qui met Martha sous l'emprise d'abord de son père et de son mari. Mais les personnages sont aussi stupides, naïfs, impuissants à s'échapper de leurs carcans de pensée, infoutus à se rêver autrement qu'en consommateurs (Je veux seulement que vous m'aimiez) ou en bobonnes soumises (Martha donc).

Et pourtant, toute la force du cinéma de RWF, c'est son refus de la verticalité, c'est une tendresse partagée tant pour sa troupe d'acteurs typiques (Carstensen, Mira, Schygull ...etc) que pour ses protagonistes. Fassbinder ne juge pas, au contraire, il s'attache à faire l'éloge de la faiblesse, à travers des constructions mélodramatiques qui dénoncent et qui accusent, jusque dans la mise en scène. Martha est très caractéristique de son travail : un film implacable, pervers et psychologique. Dès les premiers plans, tout est compris par une signifiante utilisation du cadre. La messe est dite, la faiblesse de Martha, sa soumission à son père, tout fait impitoyablement sens. Martha se laisse systématiquement dépasser par le décor, par la présence des autres acteurs, toujours isolée, mise en retrait, par des jeux de profondeur de champ puissants.

Martha est bête, elle encaisse et elle s'agenouille, devant son père comme devant son mari. Martha, c'est une vieille fille qui recherche papa chez son homme. Mais la société se tait. Pire, elle la conforte dans son abnégation parce qu'une vraie femme se plie aux exigences. Blam, c'est là que le féminisme de Fassbinder éclabousse l'écran, dans une succession de motifs de séquestration, de sadisme et de soumission, et dans un final terrible, peut-être l'un des plus tristes et désespérés de sa filmographie.