Le Port de la drogue IMDb

Pickup on South Street
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Commentaires
domudomu 14/06/2013 12:44:07
Petite anecdote marrante :
Dans la version originale, on recherche des communistes qui possèdent des informations sur la bombe nucléaire (sur des microfilms).
Dans la version française, ce sont devenus des trafiquants de drogue qui détiennent une nouvelle formule chimique ! :o)) D'où le titre. Fallait pas froisser le parti communiste à l'époque!
Perso, je n'ai vu que la VO mais la comparaison peut-être drôle.

Pour le thème de l'anticommunisme, Fuller n'avait pas le choix (imposé par les studios à l'époque folle du Macchartisme) mais s'en sort très bien en évitant les manichéismes. Et on sent qu'il aime tous ces personnages de marginaux (le pickpocket, la prostitué...). Et la photo est magnifique.
JesusQuintana 24/01/2014 02:38:28
Pas mal comme anecdote! Les plus couillon dans l'histoire c'est que je ne me souviens plus du tout si je l'ai vu en VO ou en VF ^^
Lt-Schaffer 12/05/2014 01:56:13
L'efficacité, est, semble-t-il, le maître-mot de la carrière de Samuel Fuller. Des films courts et intenses. Ici c'est noir, les personnages sont troubles, peu glorieux, tous empêtrés dans les bas-fonds de la ville. Même Richard Widmark, ce voleur a la belle gueule, avec ce physique toujours taillé à la hache qu'on aime tant, mais qui sait quand même mettre des grosses gifles.

Tout est soigné aux petits ognons chez Fuller, jusqu'à travailler des petits détails de mise en scène qui caractérisent ses personnages et son univers, de ce gros caïd qui prend l'argent avec ses baguettes au personnage de Moe, véritable noeud mélo-dramatique d'une grande justesse. Fuller sculpte son importance dans le récit avec beaucoup de justesse.

Puis c'est moderne, moderne, rien ne trahit l'âge du film, c'est moderne et dynamique.
Kino 14/06/2014 01:02:10
Ouch, ça c'est du film burné. Comme quoi avant White Dog, son brûlot antiraciste frontal, Samuel Fuller en avait déjà dans le pantalon. En témoigne ce film noir, âpre, violent, d'une rare ambiguïté où personne n'est blanc ou noir. Point de manichéisme ici mais la représentation concise et brutale d'un vrai monde de chiens. Le Code Hays ? Sammy se torche avec tout en faisant mine de le respecter. Nul doute que la censure a laissé passer le film pour la seule pseudo-sauce anticommuniste qu'il fait semblant de contenir. Parce que Fuller n'en a cure de ces partis pris politiques, il s'agit ici d'un pur prétexte, d'un vrai macguffin dans le jargon hitchcockien. Sinon, le film est un brillant bras d'honneur aux codes de l'époque. Interdiction de montrer le protocole précis des actes criminels ? Ranafoutre : la séquence d'ouverture est un pickpocket montré intégralement et avec une rare virtuosité. Bienvenue dans un univers dégueulasse où l'on bat les femmes, où l'on bute froidement les vieilles, où les repères du Bien et du Mal sont bafoués. Une jeune femme s'entiche d'un voleur à la petite semaine et le cinéaste de nous le montrer avec une tension sexuelle rare. On ne voit rien mais tout se devine, on peine à parler encore de suggestion à ce niveau là. Assez amusant de revoir rétrospectivement du Samuel Fuller, de se rendre compte à quel point il a enfanté les cinéastes de la violence que sont Sam Peckinpah ou Paul Verhoeven. La même frontalité, la même irrévérence se dégage déjà de ce film en 1953. Et putain, ça a de la gueule.
DayTripper 14/06/2014 01:07:32
C'est pas un mauvais film, loin de là, on voit que c'est ficelé au poil, « efficace » comme dit Schaffer. Après c'est pas trop ce qui me fait décoller de mon siège, sûrement parce que je suis plus rentré dans cette histoire que j'ai pas trouvé mauvaise que dans cette ambiance noire, que j'ai trouvée finalement assez uniforme. Donc sans m'ennuyer, j'ai pas non plus été complètement emballé.
blazcowicz 14/06/2014 01:09:16
Ah ok je m'attendais à un 8.5 après ce commentaire plus qu'élogieux :hap:
stevenn33 04/03/2015 00:34:26
Pour continuer sur l'anecdote, le plus fort était que le roman original lui parlait de drogue ! C'est finalement Fuller lui-même le fautif (et anticommuniste) dans tout ça. :hap:
EzE_Deimos 19/07/2017 19:35:27
Ah bien joué l'anecdote, venant de le voir en VO je ne comprenais pas le titre de la version française, tout s'explique donc !
ein 27/06/2020 21:37:24

J'ai rigolé lors d'une scène j'aurais cru voir Jason pai piao lorsque Richard Widmark (avec toujours cette affection et sympathie légendaire pour ses personnages) en un plan nous gratifie d'un petit enchaînement de petites cascades pas facile mine de rien :hap:

Encore une fois j'ai l'impression que Fuller répond un peu à la demande des producteurs avec un canevas qui répond aux exigences de l'époque : un début de film d'animaux tueur pour Dressé pour tuer, un assassinat mystérieux pour Crimson Kimono, et ici des vilains communistes en possession d'un mystérieux micro film... et comme toujours Fuller transcende l'idée de départ pour mettre en image des obsessions bien à lui (du coup ça ne m'étonne guerre le titre français pour celui-ci ou l'affiche tout simplement honteuse de Crismson Kimono, c'est à mourir de rire :hap: ).


Ça donne lieu à un film rythmé, très moderne dans la mise en scène je trouve (cette séquence de vol au début miam !) avec toujours cette même sensibilité pour des personnages à l'ombre de ces héros magnifiques hollywoodien : Ici les personnages qui témoignent de l'amour de Fuller sont bien ces petits miséreux, ce voleur tout aussi décomplexé que Charlie dans The Crimson Kimono ou cette séquence bouleversante de cette pauvre informatrice/vendeuse de cravate avec cette caméra qui, et j'ai l'impression que c'est un peu l'outil cinématographie de prédilection de Fuller, se rapproche en un zoom progressif sur le visage de ce personnage en train dévoiler ses angoisses tacite jusque là.


J'aime beaucoup justement cette violence systémique sous entendu dans chacun de ses films, au delà de séquences  à la violence très crue (ce putain de tabassage de femme en un seul plan pfiouuu) des 3 films que j'ai vu jusqu'à présent c'est vraiment ces angoisses contenues par les personnages qui me touche le plus.


Et au milieu de toute cette misère morale il y a toujours un rayon de lumières pour certains personnages, même si certains liens sont rompus à jamais.


C'est bizarre mais j'ai l'impression de connaitre un peu plus le bonhomme à chacun de ses films .

Ineusleau 27/06/2020 21:48:35

The Fuller effect. :o))


Mais oui, je me souviens, j'étais content d'avoir proposé un extrait à regarder de ce film en classe, le passage à tabac bien bourrin comme il faut, ça avait vraiment accroché le public le temps de la scène.