A Brighter Summer Day IMDb

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Commentaires
Zering 21/03/2016 20:45:44
Non j'ai commandé que celui-là.
tructtx 21/03/2016 20:48:33
Assez déroutant quand même, mais c'est le genre de film que j'apprécie de plus en plus avec le temps. Aucun doute que je vais encore plus accrocher dans 1 ou 2 ans, une fois que je l'aurais revu
Crutch 11/08/2018 04:48:56
En salles en ce moment à Caen, Lyon, Paris, Saint-Nazaire et Tours, ne le ratez pas si possible.
Yayap 05/08/2020 17:29:57

Edward Yang est parvenu à me prendre aux tripes quatre heures durant. 


Le film est un peu à mi-chemin entre le teen movie et la fresque historique, en ce qui conjugue intimité mélancolique et radiographie d'un contexte bien particulier, dont je ne connaissais strictement rien avant de voir le film. La durée me semble essentielle tant elle permet de poser l'atmosphère et les personnages, de faire évoluer ces derniers à un rythme naturel sans que leurs destins ne soient absorbés par la densité de l'ensemble. Elle permet tout simplement de vivre à leurs côtés durant 4h, de ressentir cette déroute, cette quête de sens. 


C'est sans doute l'un des plus beaux portraits de jeunesse que j'ai pu voir. Déjà parce que les personnages sont tous terriblement vrais, ensuite parce que ça explore de manière très lucide les raisons qui font que tous ces jeunes en déroute finissent par se retrouver en gangs pour se mettre sur la gueule. On voit des gosses délaissés par leurs parents, par leur état, nourris à la culture américaine et au cinéma, qui se fantasment dans des westerns, s'attaquent avec des de samouraïs ou bien trouvent des parallèles entre leur vie et celle des personnages de Guerre et paix, et qui vont eux-mêmes s'enfermer dans des schémas romantiques où tout n'est qu'honneur, trahison... L'impression de voir des ados jouer à la guerre, sauf que les conséquences sont bien réelles (la scène où ils jouent avec les armes me semble synthétiser tout le propos). 


J'ai particulièrement adoré la manière dont le film joue avec différents registres sans créer des ruptures de ton énorme, on passe parfois de scènes très légères à d'autres tout simplement glaçantes, tout en conservant cette précieuse économie dans la mise en scène, qui ne va jamais en faire trop ni paraître gratuite. Yang travaille énormément avec le plan fixe, le hors-champ, tant pour créer de pures atmosphères visuelles que pour générer du sens, l'écriture reposant beaucoup sur le non-dit et l'implicite. 


Une formidable découverte.